Mondialement reconnu pour son rôle du Dr David Bruce Banner dans la série télévisée "L'Incroyable Hulk", Bill Bixby est parvenu à s'illustrer dans de nombreux show tv, tout en menant une carrière prolifique de réalisateur. Retour sur cette figure emblématique du petit écran, disparue il y a maintenant plus de 30 ans.
DES DEBUTS AUX COTES D'ELVIS PRESLEY
Après de petits rôles à la télévision, notamment dans « Docteur Kildare », « The Andy Griffith Show » et « La Quatrième Dimension », Bill Bixby connaît son premier succès à l’âge de 29 ans avec la série « Mon Martien Favori » (1963). Il y interprète le rôle de Tim O’Hara, un journaliste pour le Los Angeles Sun qui assiste par hasard au crash du vaisseau spatial d’Exodus (Ray Walston), un martien en visite sur la terre. Il devient ami avec l’extraterrestre, l'héberge chez lui et le présente comme son oncle Martin à son entourage. L’extraterrestre ressemble trait pour trait à un homme normal, à ceci près que des antennes rétractables peuvent sortir de sa tête et qu'il a divers pouvoirs tels l'invisibilité et la télépathie. Ainsi, tout au long des 107 épisodes de la série, Bill Bixby passe la majorité du temps à régler des problèmes que l’amusant extraterrestre causera malgré lui.
Après l’arrêt de « Mon Martien Favori » en 1966, on le retrouve au cinéma au côté d’Elvis Presley dans les films « Clambake » (1967) et « A plein Tube » (1968). Néanmoins, à la fin de la décennie, il reprend la direction des plateaux de télévision pour jouer le rôle de Tom Corbett, un homme veuf qui vit seul avec son fils dans « The Courtship of Eddie’s Father » adaptation télévisuelle d’« Il faut marier papa » avec Glenn Ford. Cette comédie familiale dure trois ans (73 épisodes) et lui permet d’être nominé aux Emmy Awards en 1971.
DU MAGICIEN A L'INCROYABLE HULK
Durant la première moitié des années 1970, Bill Bixby apparaît dans plusieurs séries cultes telles que « Mannix », «L’Homme de Fer» et «Les rues de San Francisco». Dès 1973, il devient l’acteur principal d’un nouveau programme à mi-chemin entre l’espionnage et l’univers des détectives intitulé « Le Magicien ». Il y interprète Anthony Blake, un illusionniste qui utilise ses talents pour résoudre des enquêtes policières : « Mon personnage n’est pas un Mandrake » explique Bill Bixby au Sunday News en 1973. « Il n’est pas non plus un justicier dans le style de Batman. Il utilise la magie afin de créer une diversion pour éblouir ses adversaires. Anthony Blake est le propriétaire d’une boîte de nuit où il se produit régulièrement comme dans d’autres endroits, cette façade lui est très utile pour masquer ses véritables activités : aider celles et ceux qui ne peuvent se tourner vers la police et ce magicien, qui lui-même a souffert de l’injustice et de mauvais traitement par le passé, vient à leur secours ». L’acteur s’investit pleinement dans cette série qu’il produit via sa propre société Bixby-Brandon. Il y exécute notamment ses tours de magie sans le moindre trucage vidéo. Malheureusement, en raison de la flambée des coûts de production en pleine grève des scénaristes, le programme est annulé au bout de 22 épisodes. Bien étendu, sa carrière ne s’arrête pas là : en 1975 il joue dans un film pour Walt Disney « The Apple Dumpling Gang » puis l’année suivante il interprète Willie Abott dans « Le riche et le pauvre », une mini-série consacrée à l’histoire de deux frères, fils d’un immigré allemand, à la fin de la seconde guerre mondiale. En 1977, il participe à l'épisode pilote de 'L'Ile Fantastique", série culte qui durera 155 épisodes, soit 7 saisons. Il interprète un vétéran de la seconde guerre mondiale venant à la rencontre de Mr Roarke et Tattoo. Il va y revivre son troublant passé.
En 1977 son agent lui propose de jouer dans un téléfilm écrit par Kenneth Johnson et intitulé « L’Incroyable Hulk ». Il s’agit d’une libre adaptation de la bande dessinée de Stan Lee et Jack Kirby. Au début, il est quelque peu réticent à l’idée d’interpréter un tel personnage. Toutefois, en lisant le script il se rend compte du sérieux et de l’intelligence du projet. Il accepte ainsi d’interpréter le rôle du Docteur David Bruce Banner, un biophysicien qui suite à une exposition trop forte à des radiations gamma, se retrouve doté d’un pouvoir étrange : dès qu’il ressent le moindre choc émotionnel (peur, douleur, panique), il se métamorphose en une créature primitive animée par la rage : l’Incroyable Hulk. Bien entendu, Bill Bixby souhaite que les producteurs engagent un second acteur pour donner vie au célèbre géant vert. C’est finalement le culturiste Lou Ferrigno qui est recruté. Le téléfilm obtient beaucoup de succès lors de sa diffusion sur CBS le 4 novembre 1977. Ainsi, un second téléfilm est mis en chantier et le duo Bixby-Ferrigno devient mondialement connu via l’exploitation du premier pilote au cinéma.
Finalement, la chaîne, encouragée par ce succès amorce la production d’une série télévisée intitulée « The Incredible Hulk ». Diffusée tous les vendredi soir, elle durera cinq saisons (1978-1982), soit 82 épisodes. Au delà de sa performance dramatique, Bill Bixby admettra qu'il s'agissait de l'un de ses rôles les plus physiques : "Cela m'a coûté très cher" expliquait-il au Chicago Tribune en 1990. "Je m'y suis cassé des côtes, des doigts, je n'ai plus de cartilage dans mon genou gauche. Avec plus de 80 épisodes vous finissez par vous blesser. Rappelez-vous que Hulk n'émerge que quand David est véritablement menacé". Alors que sa série culte tire sa révérence, Bill Bixby tourne une adapatation d'un roman d'Agatha Christie, "Un meurtre est-il facile" au Royaume-Uni. Il interprète Luke Williams, un informaticien américain qui tente de résoudre une série de meurtres dans un village anglais. Par la suite, Bill Bixby revient pour son dernier rôle récurrent dans la série éphémère « Goodnight Beantown » (1983). Au côté de son ex partenaire de L’Incroyable Hulk, Marriett Hartley (son épouse dans « Married ») Il interprète le rôle de Matt Cassidy, un présentateur de télévision à la station de Boston durant seulement 18 épisodes. Son dernier rôle à la télévision sera en 1992 dans l'épisode pilote de "Diagnostic : meurtre" avec Dick Van Dyke.
BILL BIXBY, LE REALISATEUR
Parallèlement à sa carrière d’acteur, Bill Bixby développe rapidement une belle carrière de téléaste. Il fait ainsi ses premiers pas de réalisateur dès le début des années 1970 à l’époque de « The Courtship of Eddie’s Father » en dirigeant 8 épisodes. Il signera plus tard l’ultime aventure de « Mannix » et dirigera même un épisode de sa série « Le Magicien ».
En 1976, il réalise le livre 3 de la mini-série « Le Riche et le Pauvre ». Son travail sera même honoré par une nomination au DGA Award (Director’s Guild of America), prix qui récompense les réalisateurs de cinéma et de télévision.
Après l’arrêt de « L’Incroyable Hulk », il se consacre presque exclusivement à la mise en scène. Il réalise des téléfilms comme « Detective in The House » (1985), ainsi que trois épisodes de l’éphémère série « Wiards and Warriors » (1983), et plus d’une demi-douzaine de « Sledge Hammer ». A la fin de la décennie, il revient dans le rôle de David Banner pour trois téléfilms réunions. Il en réalisera deux : « Le Procès de l’Incroyable Hulk » (1989) et « La Mort de l’Incroyable Hulk » (1990).
En 1991, il travaille enfin sur l’éphémère série « Sons and Daughters » avant de finir sa carrière par la réalisation d’une trentaine d’épisodes de la Sitcom « Petite Fleur » jusqu’en 1993.
UN DESTIN TRAGIQUE
Aux Etats-Unis, Bill Bixby n’est pas uniquement connu pour la richesse de sa carrière. Plusieurs articles de presse et émissions de télévision ont en effet été consacrées à la vie tragique de cet homme.
Il fut en effet frappé par une épouvantable succession de deuils familiaux. Ainsi, il perd son père quelques jours avant son mariage. Puis deux ans après un douloureux divorce, son fils unique Chrstopher meurt d’une rare infection à l’âge de six ans en 1981. Un an plus tard, son ex-épouse, Brenda Bennet, traumatisée par le décès de son enfant met fin à ses jours.
En 1991, alors qu’il réalise un téléfilm, Bill Bixby se fait diagnostiquer un cancer de la prostate. Sa seconde femme décide alors de le quitter. Il lutte malgré tout dignement contre la maladie en poursuivant la réalisation de productions télévisées. Il épouse même Judith Kliban, la veuve d’un célèbre dessinateur, sur le Golden Gate Bridge à San Francisco, sa ville natale. Malheureusement, le cancer se généralise : le 15 octobre 1993, il tombe très malade et finit la réalisation d’un épisode de « Petite Fleur » allongé sur un divan. Finalement, après avoir sombré dans le coma, Bill Bixby meurt le 21 novembre à son domicile de Century City à l’âge de 59 ans. En hommage à cet artiste accompli, le président Américain Bill Clinton fera une déclaration dans laquelle il saluera sa carrière et son courage face au cancer.
Sources :
Télé 7 jours - 1993
Le Magazine des séries
Le guide du téléfan



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